L’hiver en Haute-Provence n’a rien de polaire, mais il met les toitures à rude épreuve. Les journées ensoleillées alternent avec des nuits sous zéro, les coups de mistral se succèdent, et les pluies d’automne ont souvent déjà révélé les faiblesses de la couverture. Une petite fissure en octobre peut devenir une vraie infiltration en février.
La fin de l’été et le début de l’automne sont le meilleur moment pour faire le tour de sa toiture : le temps est encore sec, les journées longues, et les artisans moins sollicités que pendant les épisodes de mauvais temps. Voici la check-list que nous suivons lors de nos visites de préparation à l’hiver.
1. Les tuiles : ni cassées, ni déplacées
C’est la base. Depuis le sol, avec des jumelles, ou mieux depuis une fenêtre en hauteur, regardez si des tuiles sont fendues, ébréchées ou décalées. Sur une toiture en tuile canal, les tuiles de couvert glissent avec le temps et laissent des jours. En hiver, l’eau qui s’infiltre par ces jours gèle et aggrave les dégâts.
- tuiles fendues ou manquantes ;
- alignements qui ne sont plus droits ;
- tuiles poreuses qui s’effeuillent.
2. Le faîtage et les rives
Le faîtage est exposé à tous les vents. Sur les maisons anciennes, les faîtières scellées au mortier se fissurent avec les écarts de température. Un mortier qui se détache par plaques, ce sont des faîtières qui risquent de partir au premier gros coup de mistral. Même chose pour les rives le long des pignons, zone où le vent s’engouffre le plus facilement.
3. Les points singuliers : cheminée, noues, fenêtres de toit
La majorité des fuites hivernales ne viennent pas des tuiles, mais des raccords. Autour de la cheminée, vérifiez les solins et l’abergement : une bande de zinc décollée ou un joint fissuré laisse passer l’eau. C’est aussi le moment de faire ramoner, puisque la cheminée va reprendre du service. Un habillage de cheminée abîmé mérite d’être repris avant la saison froide.
Les noues, ces angles rentrants où deux versants se rejoignent, collectent beaucoup d’eau et de débris. Les fenêtres de toit, enfin, doivent avoir un abergement en bon état et des joints souples.

4. Gouttières et descentes
Des gouttières pleines de feuilles débordent aux premières grosses pluies, et l’eau qui y stagne peut geler la nuit. Videz-les après la chute des feuilles, vérifiez l’écoulement et l’état des crochets. Si l’accès est délicat, notre service de nettoyage de gouttières s’en charge.
5. Les arbres autour de la maison
Une branche qui touche le toit frotte les tuiles à chaque coup de vent et les déplace peu à peu. Un pin ou un chêne trop proche dépose aiguilles et feuilles dans les gouttières et entretient l’humidité. Faites élaguer les branches qui surplombent la toiture avant l’hiver, en choisissant la bonne période pour l’arbre.
6. Les combles : le toit vu de l’intérieur
Montez au grenier avec une lampe, idéalement après une pluie. Cherchez les traces d’humidité sur les voliges et les chevrons, les taches sur l’isolant, les zones où l’on voit le jour entre les tuiles. Vérifiez aussi que l’isolant est bien en place et réparti, sans trous ni zones tassées. Une isolation déplacée par des rongeurs ou un passage de câbles, c’est de la chaleur qui s’échappe tout l’hiver.
Enfin, les combles perdus doivent rester ventilés. Des grilles ou des chatières bouchées favorisent la condensation sous la couverture.
Prévoir plutôt que subir
Notez vos observations et prenez des photos. Si vous constatez plusieurs points à reprendre, mieux vaut les regrouper en une seule intervention à l’automne que d’appeler en urgence en plein hiver, sous la pluie.
7. Antennes et accessoires fixés sur le toit
Antennes, paraboles, sorties de ventilation : tout ce qui est fixé sur le toit subit le vent. Vérifiez que les haubans d’antenne sont tendus et que les fixations ne se sont pas desserrées. Un mât qui oscille finit par desceller les tuiles autour de lui, voire par tomber lors d’un gros coup de mistral. Les sorties de ventilation doivent garder leur chapeau et leur collerette d’étanchéité en bon état.
8. Et si vous ne pouvez pas tout vérifier ?
Beaucoup de points ne sont visibles que depuis le toit lui-même, et il n’est pas question d’y monter sans équipement. Un couvreur fait le tour complet en une visite, remet en place les tuiles déplacées, remplace les tuiles cassées et vous signale ce qui peut attendre et ce qui ne le peut pas. Le diagnostic de toiture que nous proposons couvre l’ensemble de cette check-list, photos à l’appui.
Pour ceux qui préfèrent ne plus y penser, un contrat d’entretien prévoit une visite régulière, avec nettoyage des gouttières et petites réparations.
Vos questions
Peut-on faire réparer un toit en plein hiver ?
Oui, pour les réparations ponctuelles, entre deux périodes de pluie et hors gel. Les gros chantiers de rénovation se programment plutôt au printemps ou à l’automne.
Le gel peut-il vraiment casser des tuiles ?
Oui, surtout les tuiles anciennes et poreuses. L’eau absorbée gèle, se dilate et fait éclater la surface de la tuile, qui s’effeuille peu à peu.
Quand faut-il faire cette vérification ?
Idéalement entre fin août et fin octobre : le toit est sec, les journées sont encore longues et il reste le temps de réparer avant les premiers froids.


