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14 avril 2026 · Conseils toiture

Pourquoi vider ses gouttières avant l’automne

Les gouttières sont les grandes oubliées de la maison. On ne les regarde que lorsqu’elles débordent, souvent en plein orage, quand l’eau cascade le long de la façade au lieu de partir dans la descente. Pourtant, quelques heures d’entretien au bon moment suffisent à éviter l’essentiel des dégâts.

Ce bon moment, en Haute-Provence, c’est la fin de l’été. Après des mois de sécheresse, les gouttières sont pleines de poussière, d’aiguilles de pin et de feuilles sèches, juste avant l’arrivée des gros épisodes pluvieux d’automne. Voici pourquoi il ne faut pas attendre, et comment s’y prendre.

Pourquoi l’automne est un moment critique

Dans la vallée de la Durance, l’automne apporte souvent des pluies abondantes, parfois très intenses sur une courte durée. Une gouttière propre évacue sans peine ces volumes d’eau. Une gouttière à moitié bouchée, elle, déborde en quelques minutes.

Et l’automne, c’est aussi la chute des feuilles. Platanes, chênes, mûriers, figuiers : les arbres proches des maisons relâchent leurs feuilles justement quand les pluies reviennent. Vider les gouttières fin septembre ou début octobre, c’est partir sur une base saine, quitte à faire un second passage après la chute des feuilles si la maison est très arborée.

Ce qu’une gouttière bouchée peut provoquer

  • Des infiltrations en façade : l’eau qui déborde ruisselle sur l’enduit, le dégrade et finit par traverser les murs anciens en pierre.
  • Des dégâts sous la couverture : quand l’eau stagne dans le chéneau, elle peut remonter sous les premières tuiles et mouiller les chevrons et la génoise.
  • Des fondations fragilisées : l’eau qui tombe toujours au même endroit au pied du mur détrempe le sol et peut favoriser les fissures.
  • Une gouttière qui se déforme : une gouttière pleine d’eau et de boue pèse lourd sur ses crochets, qui finissent par céder.

En hiver, un dernier risque s’ajoute : l’eau qui stagne gèle la nuit, dilate le zinc ou l’aluminium et fait sauter les joints d’assemblage.

Nettoyage d’une gouttière encombrée de feuilles avant l’automne

Comment nettoyer ses gouttières correctement

Le nettoyage en lui-même est simple, c’est l’accès qui l’est moins. Voici la méthode que nous suivons :

  • retirer à la main, avec des gants, les feuilles et débris, par tronçons, en les mettant dans un seau plutôt qu’en les jetant dans le jardin ;
  • dégager l’entrée de chaque descente, là où les bouchons se forment le plus souvent ;
  • rincer à l’eau claire, au jet, en partant du point le plus éloigné de la descente ;
  • vérifier que l’eau s’écoule sans stagner, signe que la pente est toujours bonne ;
  • contrôler le regard ou le raccordement en pied de descente.

Si l’eau stagne malgré un nettoyage soigné, c’est que la gouttière a perdu sa pente, souvent parce qu’un crochet a plié. Cela se corrige, mais demande de déposer et reposer la partie concernée.

Attention à l’échelle

La majorité des accidents domestiques en hauteur arrivent sur une échelle mal calée. Ne vous appuyez jamais sur la gouttière elle-même, évitez les jours de vent et ne travaillez jamais seul. Pour les maisons à étage, faites appel à un professionnel équipé.

Profiter du nettoyage pour tout vérifier

Une gouttière vide, c’est l’occasion d’en contrôler l’état. Nous regardons les soudures et les joints, les crochets et leur fixation dans la volige ou le chevron, les naissances qui raccordent la gouttière aux descentes, et l’état des colliers le long des descentes d’eaux pluviales. Une petite fuite au niveau d’un joint se répare facilement à ce stade.

Nous jetons aussi un œil aux premières rangées de tuiles et à la génoise. Ce sont les zones qui souffrent le plus quand une gouttière déborde régulièrement.

Grilles, crépaudines, pare-feuilles : utiles ?

Une crépaudine, ce petit panier grillagé placé à l’entrée de la descente, empêche les feuilles de boucher le tuyau. C’est un accessoire simple et efficace, à condition de le nettoyer lui-même, sinon il devient à son tour un bouchon.

Les grilles pare-feuilles qui couvrent toute la longueur de la gouttière réduisent la fréquence des nettoyages sous des arbres, sans la supprimer : les aiguilles de pin et la poussière finissent par passer. C’est un bon complément, pas une solution miracle.

Faire appel à un couvreur

Pour une maison de plain-pied, un propriétaire bricoleur peut s’en charger. Pour une maison de village à deux ou trois niveaux donnant sur une ruelle étroite, c’est une autre affaire. Notre service de nettoyage de gouttières comprend le vidage, le rinçage et la vérification complète, avec photos. Et si vos gouttières sont trop abîmées, nous vous conseillons sur leur remplacement dans le cadre de nos travaux de zinguerie.

Nous pouvons aussi coupler ce passage avec un contrôle rapide de la couverture, puisque l’échelle ou l’échafaudage est déjà en place : quelques tuiles remises en place avant l’hiver évitent bien des soucis quand les pluies reviennent.

Vos questions

Combien de fois par an nettoyer ses gouttières ?

Une fois par an, à la fin de l’été, suffit pour une maison dégagée. Sous des arbres, prévoyez un second passage après la chute des feuilles, en début d’hiver.

Comment savoir si une descente est bouchée ?

Par forte pluie, la gouttière déborde près de la descente alors que rien ne sort en bas. Un bruit de glouglou ou de l’eau qui ressort par les joints sont aussi des indices.

Peut-on mettre les feuilles au compost ?

Oui, sans problème. Évitez seulement d’y ajouter les débris de mousse traitée si un produit anti-mousse a été appliqué récemment sur le toit.